Mon père

Aujourd’hui (et contrairement à la fête des mères) nous (enfin moi) célébrons les pères dans le monde entier.

Quand je pense au mien, une tendresse m’envahit… Laissez moi vous expliquer.
Je suis issue d’une famille « classique ». Mes parents se sont mariés en 1970, je suis arrivée 7 ans plus tard (ils avaient déjà de quoi s’occuper avec ma sœur de 5 ans mon ainée).
J’ai très peu de souvenirs de mon père. C’était le papa silencieux. Présent aux repas familiaux, pour consoler mes otites à répétitions mais toujours silencieux. Préférant s’occuper d’autres enfants (conseiller pédagogique et sportif oblige), ou vaquer à ses occupations sur notre hectare de forêt. J’avais donc une vision lointaine de lui.

Le sport en général, l’athlé et le foot en particulier, nous a permis d’avoir de beaux souvenirs.

Enfin beau… Outre me rappeler mon père qui venait de se sectionner l’index quand j’avais 4 ans (rien à voir avec le sport, mais souvenez vous je fais des détours), mon 2e plus vif souvenir de lui dans mes premières années est la colère légendaire paternelle quand le pauvre Battiston a subi l’attentat allemand en 82 (là pour ceux qui sont passés au travers http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Schumacher-1-battiston-0/296741 ). Non seulement je pensais que le joueur français était mort (à 5 ans, t’imagines le traumatisme) mais en plus, je voyais pour la première fois mon père crier…. Passer du silence version muet de Charlie Chaplin à une colère digne de Joe Pesci sous amphet’, ça a rajouté un sacré morceau de puzzle à l’énigme qu’était mon père pour moi.

Nous avons ensuite évolué côte à côte. Mon admiration secrète face à sa culture se transformait en « non » dés qu’il voulait me conseiller. Mon père était certes dans l’Éducation Nationale mais je considérais qu’il n’avait rien à m’apprendre.

Je sais faire toute seule : credo d’un jour, crédo toujours.

J’étais aussi jalouse des relations qu’il avait avec mes amis. Jusqu’à mes 23 ans quand j’entendais les discours flamboyants de mon entourage, je voyais à quel point nos échanges étaient creux. J’en avais de la peine, par fierté je me taisais. On a réussi à se découvrir 2 ans plus tard. Et à 25 ans, j’ai assemblé les pièces du puzzle.

Je sais maintenant que c’est en parlant foot et bouquin que l’on se dit je t’aime.

Je sens sa main bienveillante au travers de ses silences, sa compréhension et sa patience dans ses soupirs.

Finalement mon père c’est comme la coupe du monde de Foot : il faut passer les poules, les 8e, les 1/4, les 1/2 et gagner la finale pour toucher le graal.

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